<script src='http://s1.wordpress.com/wp-content/plugins/snow/snowstorm.js?ver=3' type='text/javascript'></script> Un autre aspect...: novembre 2007

jeudi 15 novembre 2007

Echoes...



… d’outre temps



Musique — Pink Floyd, Echoes (Waters, Wright, Mason, Gilmour -1971)



Images — 2001 : l’odyssée de l’espace



Echoes - texte :

Overhead the albatross
Hangs motionless upon the air
And deep beneath the rolling waves
In labyrinths of coral caves
An echo of a distant time
Comes willowing across the sand
And everything is green and submarine.

And no one called us to the land
And no one knows the where's or why's.
Something stirs and something tries
Starts to climb toward the light.

Strangers passing in the street
By chance two separate glances meet
And I am you and what I see is me.
And do I take you by the hand
And lead you through the land
And help me understand
The best I can.

And no one called us to the land
And no one crosses there alive.
No one speaks and no one tries
No one flies around the sun....

Almost everyday you fall
Upon my waking eyes,
Inviting and inciting me
To rise.
And through the window in the wall
Come streaming in on sunlight wings
A million bright ambassadors of morning.

And no one sings me lullabyes
And no one makes me close my eyes
So I throw the windows wide
And call to you across the sky...



el-matador.jpg






mercredi 14 novembre 2007

2001 : l'odyssée de l'espace

  

monolithe.jpg



2001 : l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, 1968.



«Les scènes fortes, celles dont vous vous souvenez, ne sont jamais des scènes où les gens se parlent, ce sont presque toujours des scènes de musique et d'images», a dit un jour Kubrick.

Arte : «En ce sens, 2001: l'odyssée de l'espace est certainement le film le plus abouti de l'histoire du cinéma; la musique et les images forment ensemble un spectacle chorégraphique qui dépasse l'expérience verbale.»
(http://www.arte.tv/fr/cinema-fiction/Stanley-Kubrick/
Les-films/350328,CmC=1734230.html
)




Une expérience visuelle

Stanley Kubrick : « (...) 2001 est fondamentalement une expérience visuelle, non verbale. Le film évite la formulation verbale en termes conceptuels, et atteint le subconscient du spectateur de manière poétique et philosophique. Il devient ainsi une expérience subjective qui touche le spectateur sur un mode de conscience interne, comme la musique ou la peinture. »
(Extrait de l’entretien de Stanley Kubrick avec Joseph Gelmis, in The Film Director as Superstar, 1970, repris dans Positif, n° 464, octobre 1999.
http://www.cndp.fr/tice/teledoc/dossiers/dossier_2001odyssee.htm)

« J'ai essayé de créer une expérience visuelle, qui contourne l'entendement et ses constructions verbales, pour pénétrer directement l'inconscient avec son contenu émotionnel et philosophique. J'ai voulu que le film soit une expérience intensément subjective qui atteigne le spectateur à un niveau profond de conscience, juste comme la musique ; "expliquer" une symphonie de Beethoven, ce serait l'émasculer en érigeant une barrière artificielle entre la conception et l'appréciation. Vous êtes libre de spéculer à votre gré sur la signification philosophique et allégorique du film, mais je ne veux pas établir une carte routière verbale pour 2001 que tout spectateur se sentirait obligé de suivre sous peine de passer à côté de l'essentiel ».
(http://sfstory.free.fr/films/kubrick01.html)


2001.jpg



Scénario — explicitation « littérale »

Stanley Kubrick parle de « 2001 », extrait d'un article de Joseph Gelmis, paru dans Newsday du 4 Juin 1968 :


Chacun a sa théorie au sujet de la signification de « 2001 : l'odyssée de l'espace ». Comment Stanley Kubrick explique-t-il le rôle de l'aventure dans son film ?

« C'est là où vous entrez dans ce qu'on pourrait appeler la zone fertile de l'ambiguïté », déclare Stanley Kubrick. « Parce qu'il y a une explication très simple et très littérale au niveau le plus élémentaire possible du scénario. Un objet a été laissé sur terre par des explorateurs extraterrestres, il y a cinq millions d'années. Un autre objet a été laissé sur la Lune afin de pouvoir marquer le premier pas trébuchant de l'homme dans le cosmos. Un autre a été placé sur l'orbite autour de Jupiter pour servir de relais ».
(http://sfstory.free.fr/films/kubrick01.html)


C’est La Sentinelle, une nouvelle de science-fiction d'Arthur C. Clarke, qui a inspiré 2001 : l'odyssée de l'espace. Elle a été écrite en 1948 et publiée en 1951 :

Une équipe d'astronautes atterrit sur la lune, part en expédition et y découvre une pyramide sur la plate-forme d'une falaise. Le narrateur y voit le symbole d'une intervention extra-terrestre, et imagine (ou devine) qu'il s'agit d'une sentinelle, placée là pour savoir quand les humains auront atteint cet endroit, et seront donc devenus une civilisation intelligente.
(http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Sentinelle_%28nouvelle%29)

Selon Clarke (co-scénariste et interlocuteur privilégié de Kubrick),
le scénario s'écarte de son texte original et ce dernier écrira par la suite un roman éponyme, lui-même assez différent du film. Clarke jugeait certaines scènes trop hermétiques et en donna une version plus explicite : pour lui, le thème global est de montrer l'humanité conduite dans une évolution perpétuelle par des forces extra-terrestres jamais nommées mais bien présentes. Leur intervention se situe dès les premiers hommes et se symbolise par l'apparition d'un monolithe noir à chaque étape cruciale de cette évolution.
(http://sfstory.free.fr/films/kubrick01.html)

Kubrick :
« […] je ne vois pas d’inconvénients à en parler, au niveau le plus élémentaire : je veux dire en vue d’une simple explicitation de l’intrigue. Elle commence par un artefact laissé sur terre il y a quatre millions d’années par des explorateurs extraterrestres venus observer le comportement des hommes-singes de l’époque, et qui avaient décidé d’influencer le cours de leur évolution.
Puis vous trouvez un second artefact enterré sur la Lune et programmé pour donner le signal des premiers pas de l’homme dans l’univers. C’est une sorte de clairon cosmique.
Et, finalement, vous avez un troisième artefact placé en orbite autour de Jupiter dans l’attente du moment où l’homme aura atteint la limite extrême de son propre système solaire.
Quand l’astronaute qui a survécu, Bowman, finit par atteindre Jupiter, l’artefact l’entraîne dans un champ de forces, à travers des espaces intérieurs et extérieurs, et le transporte finalement dans une autre partie de la galaxie. Là, il est placé dans un zoo humain, en quelque sorte un hôpital, un environnement terrien tiré de ses propres rêves et de son imagination. Le temps n’existe pas : sa vie passe de l’âge mûr à la vieillesse et à la mort. Il renaît en un être amélioré, un enfant-étoile, un ange, un surhomme si vous voulez, et retourne sur terre prêt pour la nouvelle étape de l’évolution et de la destinée humaines. »
(Extrait de l’entretien de Stanley Kubrick avec Joseph Gelmis, in The Film Director as Superstar, 1970, repris dans Positif, n° 464, octobre 1999.
http://www.cndp.fr/tice/teledoc/dossiers/dossier_2001odyssee.htm)


L'ordinateur

Le vaisseau « Discovery », qui embarque cinq cosmonautes, dont trois en hibernation, à destination de Jupiter (vers où le monolithe trouvé sur la Lune émet des signaux), est entièrement supervisé par le superordinateur HAL 9000.
HAL signifie « Heuristically programmed ALgorithmic computer ». Dans la version française HAL 9000 devient CARL 500, CARL soit « Cerveau Analytique de Recherche et de Liaison ».
On s'est très vite aperçu que l'acronyme HAL correspondait à IBM par décalage d'un rang de chacune des lettres (H->I, A->B, L->M), et que ce n'était peut-être pas un hasard. Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke ont toujours démenti cette allégation. Cela ne pose plus de problème depuis qu’IBM s’est dit flatté du rapprochement. (En 1982, dans 2010 : Odyssée deux - cf. 2001-3001, Les Odyssées de l'espace, éd. Omnibus, 2001, p. 308 - un personnage de Clarke jugera ce rapprochement absurde.)

Doté de « réactions humaines », HAL est un précieux compagnon jusqu'au jour où l'un de ses pronostics se révèle erroné. (On a commis l'erreur « d'introduire dans sa programmation tout ce qu'on sait, tout ce qu'on suppose des monolithes » - et que les astronautes ignorent. « Fatale erreur »... écrit J. Goimard dans Une Odyssée formelle, introduction à A. C. Clarke, 2001-3001, Les Odyssées de l'espace, éd. Omnibus, 2001.)
Le soupçonnant de « mauvaises intentions », les deux cosmonautes envisagent secrètement de le déconnecter... Ils ont coupé les micros mais HAL a lu sur leurs lèvres.

HAL
parvient à tuer quatre des leurs avant de « mourir » lui-même, désactivé, « lobotomisé ».
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En pénétrant dans l'unité centrale de la machinerie pour y désactiver un à un les modules correspondant à ses fonctions supérieures (« higher brain functions »), l'astronaute Dave Bowman éveille chez HAL un sentiment de détresse et des affects régressifs qui se traduisent, notamment, par une chansonnette (« Daisy, daisy… » — en français : « Au clair de la lune ») interprétée d'une voix de plus en plus ralentie. C'est en plongeant progressivement dans l'équivalent d'un état végétatif qui le condamnera à l'exécution stupide de tâches automatisées, que HAL parvient à exprimer de la manière la plus convaincante l'expérience d'une auto-affection fondamentale. « My mind is going, I can feel it… » : et HAL a peur (« I'm afraid, Dave… »).


*


« Lorsqu’il arrive sur Jupiter, l'astronaute est jeté dans un champ de forces qui l'entraîne dans une autre dimension spatio-temporelle à un autre endroit de la galaxie. Il est mis dans ce qui est l'équivalent d'un zoo humain pour y être étudié. Sa vie se passe dans cette pièce et cela ne lui semble durer qu'un instant. Il se peut qu'il y passe toute sa vie normale ou bien qu'elle soit télescopée ou encore qu'elle soit réduite à quelques minutes. Il meurt et il renaît sous une forme supérieure. Il revient sur Terre comme ange ou comme surhomme, ou du moins transfiguré. Au niveau le plus simple, c'est ce qui "arrive". Mais le fait que l'on n'utilise pas de mots et que l'événement ait vraiment des résonances lointaines, est positif.

A d'autres niveaux, le film signifie tout ce que l'on peut ressentir à son sujet. Je ne pense pas devoir m'appesantir au-delà de ce niveau élémentaire. Bien entendu, toute impression que vous pouvez ressentir à l'égard du film est valable si elle ne contient pas de contradiction. S'il a de l'effet sur vos émotions sur votre subconscient, sur vos aspirations mythologiques, alors il a réussi. »

(http://sfstory.free.fr/films/kubrick01.html)


Mythologie

« Tout ce qui est au-delà de l'entendement humain semble magique. Il y a une tonalité religieuse dans le film qui se retrouve dans la quête par l'humanité d'une rencontre avec un être supérieur.

Une fois que vous êtes lancé dans des méditations, une fois que vous vous dites, bon, l'univers est probablement rempli de civilisations évoluées, parce qu'il y a cent milliards de galaxies dans l'univers visible, certains de ces mots doivent se situer à un niveau que l'esprit humain ne peut concevoir. Ces êtres auraient probablement des pouvoirs incompréhensibles. Ils pourraient être en communication télépathique à travers l'univers entier. Ils pourraient avoir la capacité de façonner les événements d'une façon qui nous semble divine. Ils pourraient même représenter une sorte de conscience immortelle qui fasse partie de l'univers.

Quand vous commencez à vous intéresser à ce genre de sujet, les implications religieuses sont inévitables, parce que tous ces caractères sont ceux que l'on attribue à Dieu. Ainsi voilà donc, si vous le voulez, une définition de Dieu parfaitement scientifique. »

(http://sfstory.free.fr/films/kubrick01.html)



* * * * * *


À ce point, on est bien dans le domaine d’une nouvelle mythologie, où le divin, l’angélique, se dit dans de nouvelles catégories, celles des cosmologies post- / coperniciennes, galiléennes, newtoniennes et einsteiniennes.

La fin du géocentrisme aristotélicien et ptoléméen, annoncée par Copernic, ouvre l’espace d’une véritable nouvelle angélologie. Dans le système aristotélicien médiéval, les planètes et leurs sphères sont les signes des Intelligences célestes, les anges, qui les meuvent dans un mouvement circulaire imitant la perfection divine — Le Paradis de la Divine Comédie de Dante en est l’expression poétique.

La fin du géocentrisme signe la fin de cette angélologie… et ouvre à une nouvelle forme de conception des Intelligences célestes — « extra-terrestres ». Une première esquisse de cette nouvelle approche est donnée par Giordano Bruno, qui renoue de la sorte avec une hypothèse déjà avancée par les premiers « matérialistes » de l’Antiquité, comme Démocrite : les astres pourraient abriter des créatures intelligentes semblables aux créatures humaines…

La lunette de Galilée scellera en 1609 la fin du géocentrisme, demandant de nouvelles explications cosmologiques. La théorie de Newton fera date, consacrant la similitude entre la Terre et les autres planètes du système solaire, ou d'autres systèmes solaires. Voltaire, newtonien, pourra alors imaginer son conte Micromégas, présentant l’arrivée sur Terre de deux géants originaires de Sirius et de Saturne.

Dorénavant, l’ange médiéval est relégué dans son passé pré-copernicien… au profit d’un ange « scientifique », l’extra-terrestre, bientôt doté des mêmes fonctions que ses prédécesseurs médiévaux : « sentinelle », veilleur, guide, inspirateur, etc.

Quant à sa fonction psychologique, elle a valu une réflexion de Jung : son livre Un mythe moderne. Sa dimension religieuse et mythologique a fini, on le sait, par donner naissance aux mêmes déviations que toutes les religions, et à des sectes.

N’en demeure pas moins une fonction mythologique redevenue, par ce biais, possible à l’ère scientifique.

Où l’on retrouve le monolithe de Clarke et Kubrick… et 2001 qui l’exploite à merveille.

Cela couplé à la mythologie techniciste de l’ordinateur « vivant » — où l’on retrouve la question du livre de Philip K. Dick intitulé : « les androïdes rêvent-ils de brebis électriques » (Do Androids Dream Of Electric Sheep ? — adaptation cinématographique de Ridley Scott : Blade Runner)…

Il est vrai que le monolithe présent aux moments tournants du développement technique et des progrès humains est, comme l’ordinateur, un artefact…

RP




mercredi 7 novembre 2007

Les ailes du désir




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Les ailes du désir (Der Himmel über Berlin), film de Wim Wenders, 1987.


Deux anges veillent sur les hommes et leur apportent une invisible et réconfortante présence. Mais l’un d’eux rêve de quitter ce piédestal. Un conte métaphysique qui marque le retour de Wim Wenders à Berlin, sa ville d’élection.
Deux anges, Damiel (Bruno Ganz) et Cassiel (Otto Sander), contemplent les hommes du haut du ciel berlinois. Éternels, ces deux êtres ne connaissent ni les douleurs, ni les manques ni les passions humaines, mais une compassion détachée pour ces hommes trop souvent malheureux.

Ils veillent les humains et recueillent depuis des siècles le monologue intérieur de leur spiritualité. De leur vision en noir et blanc du monde, ils ne peuvent qu’assister aux événements, sans rien sentir, goûter, toucher. Ils ont vu le début de la lumière, des rivières, des animaux. Quand le premier homme est apparu, ils ont découvert avec lui le rire, la parole, la guerre.

Parce qu’ils sont invisibles, Damiel et Cassiel se mêlent aux hommes, lisent leurs pensées et tentent de les aider à leur manière, de les détourner de certaines idées noires. Damiel est touché par Marion (Solveig Dommartin), une trapéziste, si séduit par son âme et sa grâce qu’il décide finalement de devenir humain, et par conséquent mortel. Mais la jeune femme est incapable de voir Damiel. Elle ressent la présence de l’ange comme une sensation, un parfum autour d’elle.


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C’est le comédien Peter Falk (Columbo), venu tourner un film sur la période nazie, qui va porter secours à Damiel. Car lui aussi a été un ange, trente ans plus tôt, et chaque jour il se félicite d’avoir renoncé à son essence angélique, même si la mort se trouve au bout du chemin. Il explique à Damiel – qu’il ne voit pas mais dont il sent la présence – la beauté du monde terrestre, sa saveur…



« Il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient ministres de ces choses. Maintenant, elles vous ont été annoncées par ceux qui vous ont prêché l’Évangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, et les anges désirent y plonger leurs regards. » (1 Pierre 1, 12)
 
 
 
 
Sur les anges, d’autres articles ICI.
 
 

mardi 6 novembre 2007

Hendrix, Beatles, Stones, Who… et la pub




Une musique qui protestait, ouvrait des horizons et promettait… quoi ?

Désormais passage obligé, elle tient le haut du pavé — sous lequel, nous promettait-on, on trouverait des horizons ensoleillés.

Une musique qui, alors, accompagnait l’américanisation de la jeunesse mondiale qui contestait avec la jeunesse américaine l’expansion de l’Amérique comme consumérisme guerrier et extravagant !
Sous les pavés, la plage… où s’empilent avec les corps émanant leur odeur de crème solaire, les papiers gras et les taches de pétrole égarées depuis la mer.

Et Hendrix accompagne désormais — mémoire sonore d’un anti-consumériste Little Wing — la pub d’une BMW :




Jimi Hendrix — Little Wing (1967)


Et si l’on préfère un autre type de voitures, Hendrix encore — interprétant All along the watchtower de Bob Dylan — ouvre l’Espace de Renault.

Inaccessible tout cela ? Qu’à cela ne tienne, on a pensé à tout. À défaut de voiture, on se contentera de chaussures, chères tout de même (et soupçonnées un temps de devoir leur confection à des enfants mis à la tâche dans des pays pauvres !).

Ici, ce sont les Beatles qui par leur Revolution (aux paroles déjà bien désabusées, toutefois), écho de cette révolution des années '60 partie d'outre-Atlantique, illustreront la... révolution plus récente des chaussures "à air":




Beatles — Revolution (1968)


Ou pour ceux qui ne sont pas parmi les sportifs, on jouira — sans entraves — de l’arc-en-ciel des nouvelles technologies télévisuelles. She’s like a rainbow, des Rolling Stones, en fait foi :


Rolling Stones — She’s a rainbow (1967)


Il faut bien cela, pour se détendre devant les séries-télé. Ici "Les Experts". Générique les Who :



The Who — We won't get fooled again (1971)




Et bien sûr, j’écris tout cela sur ce blog depuis un ordinateur… Jimi Hendrix à nouveau :




Jimi Hendrix — Purple Haze (1967)



*


Citation — il y a 35 ans, 1972 —, L’Espérance oubliée de Jacques Ellul :

« L'étudiant se révolte, et ce n'était pas comme la révolte ouvrière pour un monde plus juste, mieux organisé, plus installé, auquel il devait prendre part, mais contre ce monde organisé, installé, cette prolifération de choses et de bien-être, de compétences et de machineries.
Le hippie se révolte dans l'exaltation du pouvoir des fleurs, le rêve hypnotique, la transe musicale ... Il n'y a pas de programme et de projet. On a souvent reproché aux jeunes de ne pas avoir de projet, de programme. Quand les étudiants disent non à l'Université, ils n'ont rien de nouveau, de précis à formuler, aucun plan de ce que devrait être l'Université ... « Que demandez-vous? » Ils ne savent que répondre: « Que tout saute - Mais ce n'est pas une réponse, et l'avenir ... ? » Ici, tout se tait parce qu'il n'y a pas d'avenir.
Quant aux hippies, c'est leur essence même qui veut qu'ils n'aient aucun projet. On vit aujourd'hui. On saisit l'instant, essayant de le rendre aussi beau, séduisant, charmeur, que possible. Les « conséquences » sont refusées. Ils entrent dans un nouveau mode d'expression, un nouveau style du vécu. Ils refusent les assurances et les prévisions. Ils refusent l'action pour atteindre un certain but fixé. Ils refusent la pensée « conséquentiaire ». Tout cela est radical ; ils cherchent à atteindre la racine du mal - et convaincus que tout finalement serait récupéré, ils n'avancent plus que le Rien, convaincus que cela du moins ne pourra être récupéré par la forme totalisante de notre société. Dans ce déferlement, la protestation contre la guerre au Viêt-nam, contre la misère des Noirs américains, contre le racisme, contre la répression, ne sont que des prétextes et de petites mobilisations, l'essence du mouvement c'est rien. C'est l'aspiration à ne pas voir plus loin que le moment, c'est le Grand Refus contre tout ce qui est proposé. Il faut ramener à rien tout ce qui est, car ce qui est, c'est la répression, l'aliénation ... Sur quoi débouchera ce rien ? Ici encore règne la plus grande incertitude. » (Jacques Ellul, L’Espérance oubliée, éd. Gallimard, 1972, p. 21-22.)




"J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil ;
et voici, tout est vanité et poursuite du vent."
Ecclésiaste 1, 14




lundi 5 novembre 2007

Amistad




Amistad, réalisé par Steven Spielberg, 1997



Durant l'été 1839, 53 africains enlevés à leur sol natal, enfermés dans la cale d'un bateau, La Amistad, se dirigeant vers les côtes américaines, se rebellent.


Guidés par Cinque (Djimon Hounsou), ils se déchaînent, s'arment et exigent leur liberté. Leur seul but est de revenir en Afrique.


Proches de Cuba, et sans aucune expertise en matière de navigation, ils sont obligés de faire confiance à deux des survivants. deux mois plus tard, La Amistad aborde sur les rivages du Connecticut.
Les Africains sont accusés de meurtre et de piraterie. Un esclave affranchi (Morgan Freeman) et un homme d'affaire abolitionniste prennent alors leur défense, engageant un jeune avocat (Matthew McConaughey).
Un aspect du conflit juridique concerne la qualification du procès (droit commercial ou droits de l'Homme).


Le procès devient un symbole de cette Amérique divisée qui se déchirera quelques années plus tard. Un ancien Président et le Président Van Buren (Nigel Hawthorne) s'affrontent devant le peuple mais aussi devant la Cour Suprême.


Leur sacrifice pourrait apaiser le Sud, tandis que Van Buren court après sa réélection. Il fait donc appel d’un premier jugement, ce qui fait sortir de sa retraite l'ex-président Adams (Anthony Hopkins), fils d'un des fondateurs de la nation américaine.


Le débat se déplace, ébranlant les bases d'un système. Il s'agit désormais du combat de chaque homme : la liberté.





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La Amistad est le nom d'une goélette à deux mâts du XIXe siècle. Fabriquée aux États-Unis, elle porta d'abord le nom de Friendship avant d'être renommée lors de son rachat par un Espagnol. La Amistad est devenu un symbole du mouvement pour l'abolition de l'esclavage après la mutinerie d'un groupe d'esclaves africains transportés à bord en 1839.


Le 2 juillet 1839, un groupe d'Africains est mené par Joseph Cinqué abord du navire La Amistad dans une révolte face à leur geôliers. Leur transport d'Afrique vers l'Amérique était illégal et pour cela, les Africains ont frauduleusement été déclarés nés a Cuba. Après leur révolte, les Africains demandèrent à retourner chez eux mais le capitaine les trompa sur leur destination et les mena vers le nord, le long de la côte nord américaine vers Long Island à New York. Les Africains furent pris par le Connecticut et puis vendus comme esclaves. La goélette fut substantiellement prise la par la marine américaine. Il y eut ensuite un procès sur le navire et sur le statut des Africains captifs. Cet incident fait parti des prémices de l'abolitionnisme aux Etats Unis.



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Au sens le plus strict, La Amistad n'était pas un navire d'esclaves parce qu'elle n'était pas aménagée pour transporter des esclaves. La Amistad était engagée dans un simple commerce côtier. La première cargaison transporté par La Amistad était du sucre produit industriellement, et sa route normale était de La Havane à son port d'attache Guanaja. Elle transportait parfois des passagers et plus rarement des esclaves. Les captifs que transportaient La Amistad durant l'incident avait été amenés illégalement à Cuba par le navire esclave Tecora.

Les vrais navires esclaves comme le Tecora étaient utilisés pour transporter le plus d'esclaves possibles. Une de leurs caractéristiques de construction était la demi hauteur entre les ponts obligeant les esclaves en chaînes à rester en position allongée ou assise. La hauteur n'était pas suffisante pour rester debout ce qui n'était pas souhaitable pour un navire. L'équipage de La Amistad manquait de place pour les esclaves. 53 captifs furent placés dans la cale et l'autre moitié sur le pont. Les captifs étaient relativement libres de bouger et cette liberté de mouvement leur a permis de mener leur révolte et de prendre les commandes du vaisseau.











Vers la même époque, en France : 1794 : 1ère abolition de l’esclavage

Dans les îles coloniales françaises, aux lendemains de la Révolution, des rumeurs de libération parcourent les ateliers, expliquant ainsi les révoltes successives tant à Saint-Domingue qu’aux Iles du Vent. Les discours de l’assemblée n’ayant abouti à rien, c’est cette révolte qui précipite les événements. Arrivé le 19 septembre 1792 à Saint-Domingue, Sonthonax, commissaire civil et Ami des Noirs, apprend quelques mois plus tard l’avènement de la République. Il demande alors qu’on statue sur le sort des noirs de Saint-Domingue (février 1793). 

Aucune décision n’est prise mais un décret de mars 1793 autorise les gouverneurs civils à user provisoirement de mesures exceptionnelles afin de maintenir la paix. Craignant que Sonthonax l’invoque pour libérer les esclaves, les colons présents à Paris réussissent à empêcher l’expédition de ce décret vers Saint-Domingue. 

En métropole : si la République montagnarde peut revendiquer à juste titre l’abolition de l’esclavage elle doit beaucoup à l’œuvre des Amis des Noirs, dont beaucoup sont des Girondins. On cite souvent Robespierre en lui attribuant une vertueuse phrase de 1791 : "Périssent les colonies plutôt qu’un seul de nos principes!" Dans le contexte de 1791, la parole lui est facile. Plus révélatrice est cette lettre datée de novembre 1793 où, achevant d’enterrer ses défunts adversaires, il assimile l’abolitionnisme brissotin à une menée séditieuse. La marche à l’abolition s’accélère à la suite du décret du 28 mars 1792 puis après l’avènement de la République. Des bataillons se portent volontaires pour aller planter l’étendard de la liberté à Saint-Domingue. 

Il faut toutefois rester prudent sur le rôle attribué aux Amis des Noirs et aux théoriciens continentaux, depuis "Montesquieu, qui est le type même de la mystification. On ne lit pas ce qu’il a écrit, on prétend donner à des fragments de phrases ou d’idées un sens contraire à celui contenu dans ses écrits. Montesquieu était un Machiavel français en politique, ce n’est pas un tenant de la vertu. En faire un droit-de-l’hommiste comme on dit aujourd’hui, c’est se tromper totalement, telle n’était pas sa préoccupation. Il a été extrêmement utilisé à l’école, médiatisé. [Il faut] démystifier, ainsi que Césaire l’a si bien fait dans "Toussaint-Louverture, la révolution française et le problème colonial", tous les amis des Noirs qui n’étaient pas favorables à leur émancipation immédiate. C’est du paternalisme, ce sont des faux-amis." (Odile Tobner -interview. Cf. Odile Tobner, Du racisme français. Quatre siècles de négrophobie, éd. Les Arènes, 2007.) 

"Quand Toussaint-Louverture vint, ce fut pour prendre à la lettre la déclaration des droits de l'homme, ce fut pour montrer qu'il n'y a pas de race paria ; qu'il n'y a pas de pays marginal ; qu'il n'y a pas de peuple d'exception. Ce fut pour incarner et particulariser un principe ; autant dire pour le vivifier. Dans l'histoire et dans le domaine des droits de l'homme, il fut, pour le compte des nègres, l'opérateur et l'intercesseur. Cela lui assigne sa place, sa vraie place. Le combat de Toussaint-Louverture fut ce combat pour la transformation du droit formel en droit réel, le combat pour la reconnaissance de l'homme et c'est pourquoi il s'inscrit et inscrit la révolte des esclaves noirs de Saint-Domingue dans l'histoire de la civilisation universelle. S'il y a dans le personnage un côté négatif — difficilement évitable d'ailleurs eu égard à la situation — c'est en même temps là qu'il réside : de s'être davantage attaché à déduire l'existence de son peuple d'un universel abstrait qu'à saisir la singularité de son peuple pour la promouvoir à l'universalité" (Aimé Césaire, Toussaint-Louverture, la révolution française et le problème colonial, Paris, Présence africaine, 2004, p. 344-345). 

Le 4 juin 1793, arrive à la Convention une délégation des Américains (des colonies françaises d’outre-atlantique) libres, porteuse d’une pétition opposée à l’esclavage. Revenant à la charge, l’abbé Grégoire demande l’abolition. Il échoue de nouveau mais réussit à faire supprimer les primes à la traite (27 juillet 1793). Alors qu’on peut craindre de nouveaux atermoiements, Sonthonax place la Convention devant le fait accompli. Prétendant avoir reçu par voie de presse, le décret de mars 1793, le commissaire de la République décide, le 29 août 1793, de la liberté générale. Il organise alors l’élection de députés qu’il envoie à Paris : Jean-Baptiste Belley, Louis-Pierre Dufay, et Jean-Baptiste Mills. 

Les trois hommes arrivent à la Convention le 3 février 1794 (15 pluviôse an II). Leur parcours a été semé d’embûches. Ils ont été arrêtés à deux reprises à Lorient puis à Paris.

Fustigeant l’aristocratie cutanée, le Président, leur donne l’accolade fraternelle. Après le discours de Belley, la Convention peut-elle encore retarder l’abolition ? Lacroix demande que l’assemblée ne se déshonore pas par une discussion. Rédigé par Lacroix et voté par acclamation, le texte définitif d’abolition de l’esclavage est décrété le 16 pluviôse an II. Danton est au mieux de sa forme : "Jusqu’ici, nous n’avions décrété la liberté qu’en égoïstes, pour nous seuls ; mais aujourd’hui (...) nous proclamons la liberté universelle (...)". La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793 est complétée en conséquence : 

Art. 18 - Tout homme peut engager ses services, son temps ; mais il ne peut se vendre, ni être vendu ; sa personne n’est pas une propriété aliénable. La loi ne reconnaît point de domesticité ; il ne peut exister qu’un engagement de soins et de reconnaissance, entre l’homme qui travaille et celui qui l’emploie.
Reste qu’il a fallu une politique du fait accompli, ajoutée à l’effet sensationnel produit par Belley, pour faire admettre l’application d’un droit reconnu depuis le 26 août 1789. 

Bonaparte, premier consul de la République, signe le 10 prairial An X (30 mai 1802), le décret rendant exécutoire la loi du 30 floréal An X (20 mai 1802).
« Au nom du peuple français, Bonaparte, premier Consul, proclame loi de la République le décret suivant, rendu par le Corps législatif le 30 floréal an X, conformément à la proposition faite par le Gouvernement le 27 dudit mois, communiquée au Tribunat le même jour. 
Décret Art. 1. Dans les colonies restituées à la France, en exécution du traité d’Amiens du 6 germinal an dix, l’esclavage sera maintenu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789. Art. 2. Il en sera de même dans les autres colonies françaises au delà du Cap de Bonne Espérance. Art. 3. La traite des noirs et leur importation dans les dites colonies auront lieu conformément aux lois et règlements existants avant la dite époque de 1789. Art. 4. Nonobstant toutes lois antérieures, le régime des colonies est soumis, pendant dix ans, aux règlements qui seront faits par le Gouvernement. Collationné à l’original, par nous président et secrétaires du Corps législatif. A Paris, le 30 Floréal, an X de la République française. Signé Rabaut le jeune, président ; Thiry, Bergier, Tupinier, Rigal, secrétaires. Soit la présente loi revêtue du sceau de l’État, insérée au Bulletin des lois, inscrite dans les registres des autorités judiciaires et administratives, et le ministre de la justice chargé d’en surveiller la publication. A Paris, le 10 Prairial, an X de la République. Signé : Bonaparte, premier Consul. Contre-signé : le secrétaire d’État, Hugues B. Maret. Et scellé du sceau de l’État. Vu, le ministre de la justice, signé Abrial. » 

1815 : Abolition de la Traite
Le Traité de Vienne, entérinant la défaite de la France napoléonienne, lui impose l’abolition de la Traite (c’est-à-dire du trafic et du commerce esclavagistes) : "la traite répugne aux principes généraux de la morale et de l'humanité... que l'opinion publique dans tous les états civilisés en réclame hautement la prompte suppression, que les plénipotentiaires des puissances européennes, réunis en congrès déclarent que le désir de leurs souverains est de mettre un terme au fléau qui désole l'Afrique, avilit l'Europe et afflige l'humanité". 

1848 : 2ème abolition de l’esclavage
IIème République. Victor Schoelcher, sous-secrétaire d'Etat à la Marine, décrète le 4 mars 1848"que nulle terre française ne peut plus porter d’esclaves", et qu’une commission est institué afin de préparer l’acte d’émancipation. Le décret final est adopté le 27 avril par le gouvernement provisoire.
Seule la colonie de la Guyane applique le texte dans le respect de la légalité républicaine. Arrivé le 10 juin, le décret y est aussitôt promulgué par le gouverneur. Aux Antilles, depuis mars 1848, la rumeur d’une proche abolition parcourt les ateliers. Le 10 avril, arrive le décret Schoelcher du 4 mars qui condamne moralement l’esclavage. "L’esclavage n’est pas encore aboli, il faut travailler encore pour le bénéfice des maîtres sans écouter les libres oisifs (...)". On est alors en pleine campagne sucrière. Les 22 et 23 mai 1848, l’insurrection éclate à Saint-Pierre. Le 23, le gouverneur de la Martinique décrète la liberté, "considérant que l’esclavage est aboli en droit". L’information est publiée le 24. La Guadeloupe doit suivre sous peine de recrudescence des troubles. C’est chose faite le 27 mai 1848.
Aux Mascareignes, les commissaires ayant atteint la Réunion le 18 octobre 1848, les planteurs obtiennent un sursis gubernatorial reportant la libération des esclaves au 20 décembre. Aux élections suivantes, les colonies envoient à l’assemblée des députés de toutes origines. 




 Décalogue :
« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai libéré de l’esclavage » (Exode, ch. 20) 



samedi 3 novembre 2007

Amen.




Amen., film de Constantin Costa-Gavras, 2002

Dans l’Allemagne nazie. Chrétien protestant, bon mari et bon père de famille Kurt Gerstein (Ulrich Tukur) est recruté pour ses talents de chimiste par les SS, qui le chargent de combattre la vermine et les épidémies de typhus. Il s’acquitte au mieux de sa tâche, supervisant avec zèle la production de gaz Zyklon B. Ce qui ne l’empêche pas de s’émouvoir auprès du nonce de Berlin de l’euthanasie des pensionnaires des asiles. Il fait à l’occasion la connaissance d’un jeune jésuite, Riccardo Fontana (Mathieu Kassovitz), secrétaire du nonce. Un jour, lors d’une tournée d’inspection dans ce qu’il croit être un camp de travail, Gerstein découvre l’innommable : le Zyklon B est l’instrument de la “solution finale” et des milliers de juifs ont déjà été gazés…

Le film “Amen.” est une adaptation de la pièce de théâtre de Rolf Hochhuth, Le Vicaire (Der Stellvertreter, 1963).

Le film a été très critiqué par certains catholiques, pour qui il est partial et dénature la vérité historique. L’affiche, aussi, qui entremêle la croix latine et la croix gammée — élaborée par Oliviero Toscani, auteur d’affiches pour la société Benetton — a aussi provoqué l’indignation d’une partie de la communauté catholique, au point que plusieurs organisations ont introduit une action en vue d’interdire l’affiche auprès du Tribunal de grande instance de Paris.

Le film rejoint la thèse du livre de John Cornwell, Le pape de Hitler, l’histoire secrète de Pie XII, éd. Albin Michel 1999 (Hitler’s Pope, London, 1999).
Une autre approche est développée dans le livre de David Kertzer, Le Vatican contre les juifs, Le rôle de la papauté dans l’émergence de l’antisémitisme moderne, éd. Robert Laffont, 2003 (The Pope against the Jews, New York, 2001). Cette autre approche “disculpe” relativement Pie XII en l’inscrivant dans une tradition qui le précède largement.
Un troisième point de vue est donné par Marc-André Charguéraud, Les Papes, Hitler et la Shoah, 1932-1945, éd. Labor & Fides, 2002. Il inscrit l’attitude papale dans la complexité de la situation de l’époque.
  

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Il s’agit aussi, avec “Amen.”, d’un récit de la vie du personnage historique de Kurt Gerstein.
Kurt Gerstein (11 août 1905, Munster - 25 juillet 1945, France) était un officier nazi allemand qui au cours de la Seconde Guerre mondiale fut affecté à l’Institut d’Hygiène de la Waffen-SS de Berlin ou il organise l’achat du gaz pour le camp de Auschwitz. Fait rare parmi les SS, il prend conscience du crime auquel il est en train de participer, et décide de rédiger des rapports et d’informer du génocide des représentants de la Suède et de la Papauté.
En 1945, Kurt Gerstein se livre aux Alliés en croyant à une remise en liberté mais est en fait battu et torturé peu de temps après par ses geôliers français (il est incarcéré à Paris).
Le 25 juillet 1945, son corps est retrouvé pendu. On conclut au suicide, à moins qu’il ne soit assassiné par ses codétenus SS, ou par ses gardiens. Son cadavre a quant à lui disparu. Il sera réhabilité 20 ans après sa mort.


Extrait du Rapport Gerstein, dit Rapport I :
Le lendemain matin, peu avant 7 heures, on m’informe que dans 10 minutes, le premier transport va arriver ! Effectivement, quelques minutes après, le premier train arrivait de Lemberg. 45 wagons remplis de 6 700 personnes, dont 1 450 d’entre elles étaient déjà mortes à leur arrivée”.

Extrait du Rapport Gerstein, dit Rapport II :
Dans le train qui le ramenait à Berlin, Gerstein rencontra le diplomate suédois en poste à Berlin, Göran von Otter. À propos de cette rencontre, Gerstein écrivit : “Je lui ai dit : Si les Alliés, au lieu de larguer des bombes, envoyaient par avion des millions de tracts intelligents et bien écrits, qui informeraient le peuple allemand de tout ce qui se passe, serait-il possible que dans quelques semaines ou quelques mois, les Allemands en aient fini avec Hitler ?”.
Bien que rapporté par von Otter aux autorités suédoises, son témoignage resta dans un tiroir. Pourtant cette stratégie d’informer le peuple allemand afin qu’il se révolte contre Hitler révèle l’intelligence de Kurt Gerstein. Mais les Alliés voulaient-ils que le peuple allemand obtienne la fin de la guerre après avoir mis Hitler hors d’état de nuire comme le souhaitaient les responsables de l’attentat contre ce dictateur ? À la Conférence de Casablanca tenue déjà au début 1943, la décision est prise sans ambiguïté pour un “unconditional surrender”, pour une reddition sans conditions. La paix voulue par les Alliés serait construite sur la ruine de l’Allemagne.

Extrait du Rapport Gerstein, dit Rapport III :
En tout cas, je m’arrangeais pour que l’acide prussique, aussitôt après avoir été livré dans les camps de concentration de Oranienburg et Auschwitz, disparaisse, afin de ne pouvoir être utilisé dans un but de désinfection. C’était un peu risqué pour moi, mais j’aurais pu dire que le poison se trouvait déjà dans un état dangereux de décomposition. Je suis sûr que Günther voulait se procurer le poison pour tuer éventuellement des millions de gens. Cela suffisait pour environ 8 millions de personnes, 8.500kg. Pour 2.175kg, j’ai joint les factures”.
En parlant d’acide prussique, Kurt Gerstein fait référence à l’acide cyanhydrique vendu sous le nom commercial de Zyklon et produit aussi en France.

Extrait de la dernière lettre de Kurt Gerstein à sa femme :
Je ne sais pas encore quand je reviendrai. Jusqu’à maintenant, je jouis d’une grande liberté et j’espère qu’il en sera ainsi auprès de la prochaine instance. J’ai aussi beaucoup de chance avec les conditions d’incarcération – chambre et nourriture. Mais je ne peux pas en dire plus, étant donné qu’on s’intéresse beaucoup à mon cas, et que je dois comparaître comme témoin principal pour les crimes de guerre devant le tribunal international. Je t’embrasse, ainsi que ton père et les enfants. Kurt (26 mai 1945)”.







"Une détresse telle qu'il n'y en a pas eu
depuis le commencement du monde...

Les puissances des cieux seront ébranlées..."
(Matthieu 24, 21 & 29)



  

vendredi 2 novembre 2007

Brazil



Brazil, de Terry Gilliam, 1985


Quelque part au XXème siècle, dans une société entièrement dominée par la bureaucratie, Sam Lowry (Jonathan Pryce) est un des milliers de fonctionnaires qui travaillent au ministère de l'Information et qui jour après jour répète les mêmes gestes, les mêmes courbettes vis à vis de ses supérieurs. Sam ne se plaint pas du poste qu'il occupe car sa vraie vie il la goûte chaque nuit dans ses rêves. Tout bascule quand un cafard (un bug) provoque un dérèglement dans cette grosse machine bureaucratique : on fait une erreur dans un ordre d'arrestation en confondant le nom du "terroriste" chauffagiste clandestin Tuttle (Robert de Niro) avec Buttle, le nom d'un honnête père de famille. Sam enquête sur cette erreur et rencontre Jill (Kim Greist) la figure angélique de ses rêves et entre au ministère du Recoupement pour en savoir plus sur elle. A partir de là ses ennuis commencent…


Terry Gilliam nous plonge dans un univers qui pourrait être celui de 1984 d'Orwell. Comme un visionnaire, cet ancien des Monthy Python, grand admirateur de Kafka, de Fritz Lang ou de Kubrick, nous propose une débauche d'images d'un monde contemporain baroque, devenu fou. Utopie ou fable, ou réalité, c’est Brazil


(D’après http://membres.lycos.fr/brazil/FR/indexfr.htm)



"... et que nul ne puisse acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le chiffre de son nom." (Apocalypse 13, 17)

Le film ici